Vestiges Narcissiques

Corbeaux, fumée, cendres, lots du mourant vainqueur;
Mon foie était de fer, ma cuirasse de chair;
Le regard enflammant, pétrifié le coeur,
Engendra l'effroi et ferma mes paupières.

L'invincible armure de doutes fut percée;
La tourmente nourrit ma superbe gercée;
Fierté, honneur, vertu ont bassement trahi,
La race altière de mon orgueil haï.

Larmes chaudes aux joues, j'occis le traitre ego,
Du tranchant froid de la vulnérabilité.
Alliés, ennemis, pour moi doivent être égaux,
Au pied du bûcher éteint de ma fatuité.

Surgit du froid néant un don prométhéen;
Trombe de fleurs dans un désert nabatéen;
Onde joviale noyant mes noirs démons;
Mers de conscience, l'humanité est mon timon.